Delerm - Les amants paralleles

3161 caractères
Date de sortie : 
Nov 2013
Appréciation : 
4

De l'eau s'est écoulée depuis les premiers albums de Delerm qui lui avaient vallu d'etre bombardé bien malgré lui chef de file de ce qui s'est appelé la "nouvelle scène française". Ce courant a évoqué une nouvelle génération d'artistes (avec Benabar, Cherhal, ...) qui apportaient un sang nouveau dans le paysage de l'époque, dans le sillage de précurseurs comme Dominique A. Ce temps et cette étiquette se sont éloignés et ca a du lui enlever un poids. Cette vague a également été très critiquée : une génération qui n'écrivait que sur son nombril et les abord immédiats, pas du tout tournée vers l'extérieur ou les utopies à l'inverse de générations précédentes. Soit. En tous cas Delerm est le surdoué de cette vague. Il sort ici son 5ème album studio.

L'autre reproche faite à Delerm est sa tendance au "name-dropping" : le fait balancer 10 noms propres par chanson, de nommer chaque rue, chaque lampadaire jusqu'à l'excès. Ainsi qu'une tendance assez maniérée de composer et interpréter. Le personnage aussi peut énerver, à surjouer le personnage d'intellectuel de gauche.

Ceux qui reprochent tout ca à Delerm ne vont pas aimer ce disque, tout ca reste présent et plus encore pour certains points. Mais pour les gens qui apprécient le talent de l'auteur / composteur, c'est un grand album. Ca n'étonnera pas chez un amateur de Truffaut : il s'ouvre en forme de générique avec un titre ("L'avion") qui campe le décor. A l'image de la pochette, c'est un album étirement tourné vers la vie à deux : les rencontres, les séparations, le quotidien etc. A la fin de l'écoute, on a l'impression d'avoir visionné un album photo composé de 200 selfies.

Le nom de l'album enlevait déjà une part du suspens. Une voix féminine est également très présente tout au fil de l'album, à priori celle de la compagne du chanteur présente sur la pochette. La chanson "Les amants parallèles" semble faire écho à "La nage synchronisée" qui était paru sur "Kensington square" : la symétrie des parcours personnels, avant ou après la rencontre [1]. On notera quelques jolis titres dont le très élégant 'Hacienda" [3]

L'album est très rythmé et très court : 13 titres pour une durée totale qui ne dépasse guère 30 minutes, pas mal de titres entre 1.30' et 2'. Une tendance déjà amorcée sur le précédent, "15 chansons" qui était sur le même mode avec beaucoup de titres sous les 2 minutes. Coté musique, c'est carrément 3 pianos (à queue et droits) qui sont présents sur les orchestrations, aucune corde ni aucun cuivre à l'horizon.

Fidèle au label "Tôt ou tard", Vincent a collaboré avec Clément Ducol (Camille ...) pour la réalisation de cet album

Pistes : 
01 L'avion                                          01:55
02 Le film                                          01:43
03 Bruit des nuits d'été                            02:44
04 Robes                                            02:02
05 Super bowl                                       01:34
06 Les amants parallèles                            01:40
07 Grand plongeoir                                  01:56
08 Et la fois où tu as                              02:00
09 Ces deux-là                                      03:00
10 Haçienda                                         05:27
11 Ils avaient fait les valises dans la nuit        02:53
12 Embrasse-moi                                     02:12
13 Le film II                                       02:44

                                  Durée totale : 00:31:57