Brigitte - A bouche que veux-tu

4158 caractères
Date de sortie : 
Nov 2014
Appréciation : 
6

Le deuxième album de Brigitte (oui, ne surtout pas les appeler "Les Brigitte" ou autres, c'est bien "Brigitte" simplement), 4 ans après un premier album qui n’était pas passé inaperçu (Et vous, tu m'aimes). Ce nouvel album est un vrai petit bijou. Le titre "A bouche que veux-tu" sorti d'une expression de vieux français, veut dire selon les avis et le contexte, "généreux", ou "qui obtient tout ce qu'il veut"... Quel que soit le sens retenu, il collera effectivement bien à l'album.

Sylvie (Hoarau) et Aurélie (Saada) s'amusent toujours autant et arrivent à transmettre ce bonheur en jouant avec les styles et les époques : on commence sur 2 titres plutôt disco queen en robes pailletées à la Abba ("A bouche que veux-tu" [2]) et on finit sur un excellent reggae ("Plurielle[1]). Au milieu, que du bon son pop pur jus qui dégage un bonheur contagieux. Elles montrent toutes leurs capacités vocales et c'est large, chacune dans un registre propre.

A noter "Le déclin", bel exercice sur l'ususe ("J’aimais faire semblant de dormir dans tes bras / Ankylosé, courageux tu ne bougeais pas / Est-ce que ca reviendra ?"). Ca fait tout de suite penser aux "Fourmis rouges" de Jonasz ("Tu t'rappelles on s'était couché / Sur un millier de fourmis rouges / Aucun de nous deux n'a bougé").

Brigitte joue fréquemment avec le registre sexy, dans les textes comme les chorégraphies ("Viens ce jour, ma peau ne sait plus attendre / Viens cours, des papillons au creux du ventre"). C'était déjà le cas sur l'album précédent (avec culotte apparente) et c'est tout aussi assumé sur ce deuxième disque [3]. Elles jouent également sur ce disque avec la gemellité, gros challenge pour ces deux formats de filles très différents mais artistiquement on y est effectivement. Pas seulement à coups de perruques et de robes identique mais par la grâce de leurs voix qui se confondent. Impossible ou presque d'identifier l'une ou l'autre alors que sur le premier album, chacune chantait fréquemment  des couplets seules.

Les influences revendiquées vont de Véronique Sanson et son piano (sur "L'échappée belle") à Culture Club, Donna Sumers. L'éventail est large.

Le premier album avait eu un gros écho (double disque de platine en 2011) et leur avait rapporté la Victoire de la Musique 2012 (révélation scène). Elles y avaient déjà montré beaucoup de facettes de leurs talents, en particuliers au travers d'improbables reprises ("Dans ma Ben'z" et un incroyable "Allumer le feu" [4]). Ce succès ne les a pas bridé pour le deuxième, créé sous leur propre label (B-Label) ce qui leur a donné une liberté de création. Même les clips sont dorénavant réalisées par Aurélie en tous cas sur "A bouche que veux-tu". Aurelie a renouvelé l'exercice sur "Hier encore" [5], celui ci loin du glamour et du disco mais plutôt version tripot louche, jeux, guns et poupées.

Un disque à avoir.

[1] https://www.youtube.com/watch?v=V-7g2j5eZqs

[2] https://www.youtube.com/watch?v=lbLMABnJ7Vc

[3] https://www.youtube.com/watch?v=M0LTZrhnWVI

[4] https://www.youtube.com/watch?v=S8lIBcdtlx8

[5] https://www.youtube.com/watch?v=mm3kW4CWxX0

Pistes : 
01 L'échappée belle                  06:04
02 A bouche que veux-tu              06:25
03 J'sais pas                        02:52
04 Oh Charlie chéri                  03:51
05 Le déclin                         04:33
06 Embrassez vous                    04:43
07 Hier encore                       05:09
08 Les filles ne pleurent pas        04:28
09 Le perchoir                       04:06
10 Plurielle                         04:27
                   Durée totale : 00:46:43
Discographie : 
Année Titre Editeur Public CD DVD
2014 À bouche que veux-tu B-Records - Columbia - x -
2012 Encore 3e bureau - Wagram - x -
2011 Et vous, tu m'aimes ? 3e bureau - Wagram - x -